Mercredi 30 juillet 2008
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Un blog, quelques phrases jetées ici ou là, une nouvelle, deux nouvelles… Ces textes plus ou moins liés ne font pas de
vous l’auteur incontournable de demain.
Car si un auteur sait formuler ses idées, il doit avant tout en avoir des idées. Vous pensez qu’écrire un livre est
facile ? Qu’il suffit d’aligner des mots les uns après les autres ? Tenir le lecteur en haleine sur 200 ou 300 pages, titiller son attention au fil des chapitres sans jamais en donner
l’apparence, voici la magie de l’écriture. Et n’est pas magicien qui veut.
Un auteur ne peut vivre de sa plume en France, à moins de jouer sur le terrain de Frédéric Dard, et de vendre dix mille
exemplaires par mois de son « San Antonio personnel » aux kiosques Hachettes présents dans chaque gare.
Si Joanna K. Rowling, extraordinaire auteur de Harry Potter, était
Française, sa fortune (avec le même succès) serait à diviser par deux à cause des charges sociales et des impôts.
Écrivez pour votre plaisir et celui de vos proches, écrivez pour faire un livre qui sera au top des ventes, pour sortir
de l’anonymat, pour vous prouver que vous en êtes capable, mais n’écrivez pas pour faire fortune.
Le premier danger qui guette l’auteur : l’autosatisfaction.
Vous êtes persuadé d’avoir pondu le prochain Goncourt, cependant aucune
maison d’édition ne retient votre manuscrit. « Bien sûr les professionnels n’y connaissent rien, ils éditent leurs relations, marchent à coup de pots de vin… »
Qui vous a lu, a jugé votre travail avec le détachement nécessaire ?
Si le monde de l’édition ne brille pas par son intégrité, les auteurs doivent accepter de se voir mis en concurrence.
J’ai personnellement reçu quarante-cinq manuscrits en deux mois. Combien arrivent par jour au guichet d’une maison d’édition reconnue ? Des dizaines.
On ne peut pas tout publier. Un choix s’impose, parfois dramatique. Pourtant je me lève chaque matin, l’espoir chevillé
de tomber sur « le manuscrit », celui qui saura justifier le fait d’avoir choisi ce travail.
Écrivez et tentez votre chance, mais ne vous faites pas une montagne d’une dunette. Tous les manuscrits ne sont pas
destinés à devenir des livres.